Kacem 1

Kacem Wapalek

#JeVousSalisMaRue

Kacem 1

C’était en suspens, comme un orage dans les nuées et le nuage Kacem Wapalek a enfin lâché une pluie d’albums en vrombissant plus haut que les moteurs des paroles condensées et maturées, depuis son arrivée sur Youtube en 2011, il a plu sur la toile. Petit dithyrambe à ce Dieu du slam.

Pour se mettre dans l’ambiance,  freestyle atmosphérique : 

 (L’album n’est pas encore disponible sur Youtube, mais dans ce son on retrouve quelques passages réutilisés et structurés dans je vous salis ma rue.)

L’orfèvre a ciselé, assis seul et l’or aux lèvres, des mots si ailés qu’il n’eût nul besoin de com’ pour atterrir 1er RAPPEUR DU CLASSEMENT FNAC, ouais c’est pas un fennec : de la toile aux étoiles, aussi sec.

L’instru tantôt jazzy, reggae, dub ou raï, est estampillée GUTS, le beatmaker « bienheureux » qu’on ne peut plus railler, homme de talent qui a côtoyé les grands sans jamais dérailler, sans cesser de divaguer, dédaignant d’aligner son wagon aux rails blancs de la notoriété.

Ce bijou pour âme, pas pour dame (remarque…), contient 16 pistes (de décollage), et il est encore trouvable, se vend sur le macadam, de dame nation, c’est idéal : à l’habitude les perles ne sont pas enfouies en succursales.

Rupture de stock annoncée, réimpression désamorcée : Kacem offre la rareté à ceux qui l’aiment, qui l’ont porté, tandis qu’il stimule sa plume comme une pauvre mule en se coupant des thunes qu’il aurait pu gagner.

Pour la langue française, les amateurs de verbe et de verve poétique, ceux qui soutiennent le rap indé plutôt que la machine médiatique, ceux qui tiquent sur le rap sans éthique, ou qui triquent sur un rap technique, c’est une consécration, un choc électrique !

Qui l’eût cru ? Un lyonnais maigrelet a détrôné les habituelles têtes couronnées, qui se courent au nez et se fardent le nez de leur égo, disproportionné. Il manie les mots avec miel, fiel ou brio, se réclame « Brassens en baggy », met la barre trop haut pour Kaaris ou Booba dont la vacuité fait écho. Des phrases où il fait « fuser ses phases » racontant les frasques de la vie, honnêtement, avec poésie et un niveau de maîtrise qui ferait baver d’envie le « game », cette traîtrise. Un vent frais dans le rap, l’auteur charme l’âme autant qu’il est vrai, sans mythos affables ni comme moteur les fables d’un égo gonflable ! Porté par son public, il vogue sur une mer de fans, galope sur un cheval de Troie dans la lumière diaphane, des projecteurs, a servi des tournées dans tous les secteurs, sans tourner en rond, sans se détourner de son unique moteur : les fans. Tous les jours sur Facebook il distille sa poésie, ses pensées, ses inspis, son humour, c’est gratuit ! Et quand la nuit Morphée fait le mort, il est éveillé, encore.

Kacem 2