Maxime et Electric 0

Maxime Dangles & Electric Rescue

LEZART : Salut les lézards, on est bien aujourd’hui avec Maxime Dangles et Electric Rescue, juste après leur gros B2B à la LAPS, avant de commencer comment avez vous vécu ce live, comment l’avez vous ressenti ?  Qu’est ce que cela vous a fait d’être dans ce tunnel ?

Maxime Dangle : Alors au début on n’a pas kiffé le fait qu’il pleuve partout, mais finalement on a kiffé pouvoir passer dans ce tunnel, parce qu’au final je pense que c’était dix fois mieux d’être ici que dehors. Ici c’était vraiment proche, les gens étaient en « communion », l’endroit était plus chaud et beaucoup plus dans l’ambiance techno.

 

LZR : Alors, ce côté techno, ça s’est beaucoup ressenti sur le set. Dès le début il y a un côté vachement percussif, industriel, ça envoie dans le  »boum boum », et après vous passez sur quelque chose de plus mélodieux, vous allez dans des phases un peu plus aériennes, des sonorités un peu plus planantes et, de ce fait, comment envisagiez vous ce set avant de le faire ? On vous connaît potes depuis longtemps donc comment ça se passe entre vous pour ce B2B ?

Electric Rescue : Alors en fait on se parle à peu près 292 fois par jour, à la base, 293 plutôt. On se connaît et on ressent les choses de la même manière, on n’a même pas parlé avant, on est juste venus la, on en a mis un [track], on en a mis deux, on en a mis trois et puis ça s’est fait naturellement, ça s’est construit comme ça. À un moment donné on a eu envie, Maxime à envie de ça, moi de mettre ça. Les gens ont bien réceptionné, nous ont un peu donné des pistes vers ce style là, donc on a suivi un peu et puis on s’est dit on va quand même pas les suivre, on va les choquer un peu. C’est vraiment venu sur le moment. Chaque moment se construit sur l’instant, ou sur les 5 minutes qui suivent : on réfléchit un peu à ce que l’on  va se faire dans les prochaines minutes, il n’y a rien de calculé.

MD : En fait, on l’a envisagé un peu comme on fait avec MÖD3RN , c’est-à-dire que rien n’est préparé, on fait tout à l’arrache mais c’est juste qu’on se connaît.

ER : L’arrache c’est pas pareil encore !

 

LZR : Möd3rn on le rappelle c’est votre projet live monté ensemble.

MD : C’est pas que c’est à l’arrache mais on ne se voit pas avant, on ne s’appelle pas avant pour dire ce qu’on va faire. On arrive, on met un disque et puis c’est parti. Comme avec MÖD3RN où on met un track et c’est parti, vu qu’on se connaît super bien et même si on ne connaît pas forcément les tracks de l’autre.

ER : Il y a toujours 3, 4  moments dans le set où l’un va voir l’autre et dit : C’est quoi celui la ? ( rire )

 

LZR : D’accord donc il y a une grosse partie d’impro, et en même temps un B2B de 4 heures, c’est quand même un sacré travail !

ER : En fait pour nous c’est un moment, il n’y a pas vraiment de travail.

MD : Si tu le vois comme ça c’est quand même une grosse récompense pour nous parce que du coup c’est que tu as apprécié, et donc merci, parce que vraiment c’est fait comme ça, sur le moment, donc c’est cool.

ER : En fait, c’est la vue d’un travail de tous les jours, vu qu’on vit les mêmes choses, tout le temps, tous les jours, même si lui est à Valence et moi dans ma campagne en Picardie par ici, on s’envoie 12 mails par jour, un petit coup de Skype, un appel téléphonique. Tiens je t’envoie ce son là. On s’échange des morceaux, c’est une espèce de gros magma créatif permanent, tout au long de l’année, donc au final on ne vit pas ensemble mais c’est tout comme.

MD : Et en même temps, c’est un peu l’esprit du label SKRYPTÖM tu vois, il n’y a pas longtemps on a créé une espèce de serveur où tous les artistes sont dessus. On s’échange des tracks, des promos, on raconte des conneries.

ER : Beaucoup de blagues chez SKRYPTÖM. On a d’ailleurs fondé le club des blagues pourries.(rires)

LZR : Donc c’est aussi une ambiance, un univers.

MD : C’est pas juste un label où Antoine, qui est à la tête du label, gère tout le monde en disant je signe telle ou telle track et stop. Ça va plus loin que ça. On se raconte un peu nos vies, on se connaît bien, sans habiter près des uns ou des autres, ça crée une proximité.

ER : En fait, pour chaque artiste présent dans le label, la musique c’est bien, mais il y a aussi les relations humaines. C’est-à-dire que tu fais beaucoup de rencontres à travers le label. Je veux vraiment que SKRYPTÖM soit une maison des artistes où les échanges sont primordiaux pour que ça se passe bien. Je ne veux pas être l’élément central mais plutôt, un peu l’entraineur de foot tu vois. C’est un groupe qui s’entend bien, il n’y a pas de tension, il y a quelques problèmes parfois mais on les règle ensemble. On ne se fout pas sur la gueule. On s’emmène tous vers le haut. Quand il y en a un qui est un peu moins bien, on le pousse, on l’encourage, et on l’emmène vers le haut.

MD : On essaie de regrouper des gens qui ont un peu les mêmes valeurs.

ER : Il y a quelque chose d’inexplicable qui fait que tu partages, tu penses aux mêmes choses que les autres artistes. Il y a des gens qui se la pètent, nous on préfère vivre les choses parce qu’on les aime, on est un peu gamins comme il dit mais c’est simple, dans le partage de la techno, mais ce n’est pas débile !

MD : Ce n’est pas parce que tu es un gamin que tu es débile !

LZR : On le sent bien chez Scryptum il y a une ambiance, un esprit de fraternité, mais comment composez vous ? Est-ce que ça se passe chez Scryptum comme chez vous en Home Studio ? Maxime par exemple tu nous reviens avec un super album, Résilience, qui a fait l’unanimité dans tous les magazines, comment créer tout ça ?

MD : Scryptum n’avait jamais fait d’album, et ça faisait longtemps qu’on en discutait avec Antoine et puis je lui envoyai des tracks qui désormais sont sur Résilience et d’autres, mais je pense que Antoine a bien senti la chose et s’est dit allez c’est bon c’est le moment. Je me sentais près également, cela faisait longtemps que je voulais faire un album. J’avais eu une proposition du Label Kompact à l’époque ou je travaillais avec eux, au début, mais soit je n’étais pas prêt, mais j’avais surtout besoin de quelqu’un qui m’épaule un peu plus, psychologiquement. Et c’est cet esprit la, Kompakt sur Cologne, je suis sur Valence, ils parlent anglais et non français, je ne suis pas spécialement fort en anglais, c’était plus difficile d’échanger réellement et d’avoir de l’aide, alors qu’Antoine lui, a réussi à m’aider, je pouvais lui envoyer des tracks qui n’étaient pas forcément finies, ou il manquait des petits choses, et lui se permettait de me dire voilà il faudrait modifier ça, rajouter tel ou . Et rien que la motivation, le fait d’appeler une fois par semaine ou tous les deux jours pour me demander sur quelles tracks j’avais pu bosser, si ça avançait et d’avoir une sélection. Finalement, j’attendais presque que Scryptum me le propose cet album, parce que j’avais besoin d’un label comme tu disais plus fraternel, une ambiance plus proche, qui me font confiance et m’écoutent ne serait que pour la pochette, pour le clip. C’est mon album, c’est pas le label qui a décidé pour moi, j’ai été écouté et j’ai décidé de tout ce que j’allais faire de A à Z. J’ai tout validé avant que ça sorte.

ER : On a vraiment essayé, sur le travail effectué sur Résilience, sur le vécu romancé de Maxime, c’est vraiment un point de vue artistique qui représente SON univers.

MD : Cet album s’est fait sur du long terme, c’est pas juste une sélection de tracks faite à la va vite, même si un album qui est fait parfois en deux semaines est très bien ! On est plus sur un travail de 4 ans, peut être pas 10 quand même.

 

LZR : Après pour revenir sur les 10 ans, ça fait un moment que vous êtes dans la musique déjà ?

ER : Oui mais Maxime est passé par pleins de styles différents, d’une techno minimale à quelque chose de plus mélodieux, vers une techno plus rave, plus brute et qui va plus à l ‘essentiel, autour de 2010.

 

LZR : Après avec tous ces changements, on remarque que sur Résilience tu as l’air d’aimer laisser le trouble, tu pars sur des formations peu linéaires et plus dans le BreakBeat, sur des sonorités presque organique, comment tu travailles ce son ?

MD : Déjà l’idée de l’album, avec Antoine, on ne voulait pas un album gavé de 10 pures tracks techno, un album comme ça aurait juste été un gros maxi quoi. Déjà l’album, et en règle générale chez Scryptum, ce sera juste tout ce que tu aimes. Ça peut être de l’ambient, un peu d’électronica. Moi par exemple des tracks comme ça j’en fais depuis des années, sauf qu’elles sont sur mon disque dur, et je ne les envoie pas, je les écoute, je les fais écouter à mes copains, c’est tout ça s’arrêtait la. Pour nous, c’était vraiment obligatoire d’avoir un album avec des tracks comme ça, faire que de la techno, c’était impensable. Parce que sinon on sort 4 maxi en un an et on en parle plus. Là il y a des tracks Electronica qui datent de 3 ans, d’autres qui datent d’une certaine période de ma vie qui sont vraiment précis, je me rappelle des situations de composition, elles ont une véritable signification. Plus que sur la techno, la techno tu peux en faire rapidement, une bonne boucle un kick ça va souvent plus vite à composer, ces tracks pour moi sont vraiment plus avec des émotions personnelles qu’une track techno. Tu peux faire des choses avec la techno, mais pourras toujours plus t’exprimer sur le genre de style qui font les musiques Bordeland et Numéro 8.

 

LZR : Et sur toutes les tracks de Résilience, tu peux poser une émotion ?

MD : Ah oui, elles correspondent toutes à un moment de ma vie sur les quatre années que nous ont pris la mise en place de Résilience, je pourrais te citer chacun de ces moments. Les sons ont une signification, les titres également. Chacune de ses tracks pourraient représenter les différents entraînements d’un boxeur qui va se défouler à la salle. Cet album fut pour moi un défouloir de toutes ces périodes qui représentent l’album. Tout est personnel, il y a une histoire, ma Résilience pour moi c’est ça. L’album est fait, les années difficiles sont derrière moi, maintenant on avance.

LZR : Maxime on l’a vu sur certaines de tes prestations, tu aimes bien être entouré de mapping, éclairage quand tu es sur scène, tu donnes beaucoup d’importance à cela aussi ?

MD : Bah en fait c’est plus un Kiff, on a la chance d’être intermittents du spectacle, et de ce fait on peut parfois prendre le temps de faire les choses. Si t’es un Geek tu peux t’enfermer une semaine sur ta console, moi j’avais envie de découvrir des choses nouvelles, de ce fait je me suis installé un petit coin dans un hangar ou j’ai commencé à bricoler des leds, des petites structures, pour m’éclater et pour essayer d’avoir un bon rendu. Voilà je suis encore un jeune artiste, je ne passe pas encore sur de gros festivals avec de gros visuels, mais au moins, avec mes moyens je me débrouille pour faire quelque chose qui me plaît, et puis comme ça si il y en a qui n’aiment pas forcément ma musique au moins ils ont quelque chose à regarder en plus (rires).

 

LZR : Est ce que au final, ce « manque » de moyen t’apporte une certaine créativité ?

ER : Ca nous apprend à être plus créatifs, à être un peu plus astucieux en fait.

 

LZR mais toi par exemple Electric Rescue, on t’a vu sur un nombre de projets incalculables, qu’est ce qui t’as poussé à entreprendre tant de choses, comme le label par exemple ? De plus, sans gros moyens .

ER : Je ne sais pas vraiment, peut être un manque, j’ai un besoin pour ma créativité que les idées fusent, la par exemple je suis sur un projet de court métrage, que je suis en train de créer avec un artiste, je n’en ai pas encore parlé vous êtes les premiers à le savoir. J’en ai toujours besoin, de cette façon je m’amuse, je me dis j’ai envie de tourner un court métrage dans un bâtiment très connu, et je suis allé voir le réalisateur, il m’a dit OK on fonce, on a pas de tunes on s’en fout on va aller voir le responsable du bâtiment qui est un ami, et on va faire un court métrage la dedans avec de la musique.

 

LZR : Je vais finir sur une toute petite question messieurs, qui est pour vous aujourd’hui la génération de demain, déjà il y a vous, Maxime par exemple tu sors ton premier album. N’y a t il pas des artistes qui vous attirent l’oreille, que vous auriez envie de voir par exemple au sein du label ?

ER : Pour être franc je dirais que la génération de demain on ne la connaît pas encore.

MD : Bon David Guetta je pense devrait nous rejoindre sous peu. (Rires) Tôt ou tard il va marcher de toute façon !

ER : Personnellement je suis déjà hyper fan de tous les mecs de Scryptum, je suis allé les chercher donc forcément, mais il y a pleins de gens qui m’intéressent, dans une scène parallèle à la nôtre par exemple Zadig. Zadig c’est quelqu’un qui a mon âge et que j’apprécie beaucoup.

 

LZR : Et TRAUMER par exemple, je sais qu’il est signé maintenant, c’est une techno un peu tribale ?

ER : Et c’est toujours un artiste Scryptum, il travaille toujours avec nous. Il a un éventail musical assez important.

 

LZR : En tout cas merci beaucoup à vous de nous avoir accordé du temps, Aujourd’hui nous étions avec Maxime Dangles et Electric Rescue, merci messieurs et bon courage pour la suite !